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L'Europe défend le hamster, le poulet au chlore et se bat contre la fessée ! Version imprimable Suggérer par mail
Qualité de vie - La vie des contribuables
28-06-2008

Article du Bulletin d'André Noël  n° 2101 - semaine du 23 au 29 juin 2008

Il n’est pas justifié de soutenir que l’Union européenne ne s’attaque jamais aux problèmes concrets ! Il y a quinze jours, en pleine campagne référendaire irlandaise, la Commission européenne n’a-t-elle pas distrait une partie de son précieux temps pour adresser solennellement un “ultime avertissement” à la France, en lui donnant deux mois pour décider de mesures “plus ambitieuses” en faveur… de la sauvegarde du grand hamster d'Alsace, faute de quoi - a assuré la Commission - l’affaire pourrait être confiée à la cour de justice du Luxembourg ? La position de Bruxelles, dont la commission est au bord de la crise de nerfs, est on ne peut plus justifiée, car la France ne fait effectivement pas grand-chose pour ce hamster-là en dépit d’une première mise en demeure adressée à notre pays en octobre 2007 suivie, en novembre de la même année, d’une « mise sous surveillance» (sic) de l’Hexagone par le comité permanent de la convention de Berne toujours à propos de ce cricétidé rongeur, destructeur de cultures. Ah! mais… Qui donc a dit que l’Europe était sans volonté ? Que nos lecteurs amis des bêtes se rassurent : nous n’avons rien contre le grand hamster d’Alsace, ni contre ceux d’autres régions ou pays et, s’il y avait un référendum sur le sujet, nous voterions « oui » pour sa sauvegarde. En fait, nous ririons volontiers si nous n’avions à pleurer ! Cet exemple, hélas ! est emblématique des activités d’une Commission qui multiplie directives, avertissements, normes, mises en demeure dans l’indifférence générale des habitants d’une Europe accaparée par bien d’autres soucis : la hausse du prix du pétrole, la perte en pouvoir d’achat, le chômage. Décidément Bruxelles semble vivre sur une autre planète. Comment s’étonner dès lors du vote « non » de citoyens privilégiés consultés par voie référendaire ?

Or, il n’y a pas que la Commission qui traite ainsi du sexe des anges ou de la protection du hamster ! Le Conseil de l’Europe, dont on s’étonne d’ailleurs qu’il puisse encore exister, n’est pas en reste en la matière. C’est la plus vieille institution européenne, puisque créée en 1949, et son siège est à Strasbourg. A quoi sert-il ? Selon ses statuts, « le Conseil de l'Europea pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l'homme et d'autres textes de référence sur la protection de l'individu. » Mais cette mission ne figure-t-elle pas, en toutes lettres, dans la charte de l’Union européenne ? N’est-elle pas également l’un des objectifs du Parlement européen ? La cour de justice siégeant au Luxembourg ne veille-t-elle pas, elle aussi, sur le respect des droits de l’homme ? En réalité, il en va de la bureaucratie européenne comme de notre bureaucratie nationale : un nouvel organisme ne fait pas disparaître l’ancien, il s’y superpose. Le tout, bien entendu, aux frais du contribuable. Tous ces « machins » –comme aurait dit De Gaulle – coûteux sont une source intarissable de postes bien rémunérés et autres prébendes.

Mais, pour assurer sa pérennité, il faut bien que le Conseil de l’Europe justifie son existence de temps en temps ! C’est sans doute pourquoi, au lendemain de la victoire du « non » en Irlande, ledit Conseil s’est lancé dans une croisade visant à interdire… la fessée sur tout le territoire de l’Union, fessée assimilée à un « châtiment corporel », tout comme la torture, ni plus ni moins ! Toutefois, le Conseil a cru bon de nous rassurer : « Interdire les châtiments corporels dans le foyer familial ne veut pas dire engager des poursuites [pour l’instant] contre les parents, mais changer leurs comportements ». Ouf ! On a senti le vent du boulet ! Les parents « fesseurs » n’iront donc pas en prison ! Heureusement car - selon un sondage - 87% des familles européennes donnent encore la fessée à leurs enfants. L'Union des familles en Europe a réagi avec fermeté et bon sens en déplorant cette «intrusion» de l'institution strasbourgeoise dans la sphère familiale : «Les familles françaises souhaitent être libres d'élever leurs enfants à leur idée, qu'elles pratiquent ou non la fessée.»

Mais revenons à nos moutons. Il arrive aussi que la Commission traite de sujets plus importants, comme celui de l’alimentation, mais elle se révèle, là encore, complètement déphasée par rapport aux préoccupations du citoyen consommateur. C’est ainsi qu’elle vient de lever un embargo décrété il y a dix ans concernant l’importation de poulets américains immergés, après abattage, dans un bain de chlore, pour éliminer jusqu’au dernier des microbes dont les américains ont la phobie. Alors qu’on mobilise l’opinion contre un soupçon d’OGM dans un champ de maïs, sans même savoir si c’est nocif ou non pour la santé humaine, voilà que l’on veut nous obliger à manger du poulet au chlore, autrement dit traité à l’eau de Javel ! Certes, il y a du chlore dans l’eau de notre robinet, mais de moins en moins et à dose infinitésimale : une goutte pour 1000 litres, ce qui équivaut au contenu de cinq baignoires.

Quand on interroge sur le sujet José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, il répond, entre autres perles : « Mettre une barrière à ces importations serait jugé incompatible avec les règles du commerce international. Nous subirions des représailles sur nos exportations » (L’Express du 19/6). On remarquera, d’abord, que Bruxelles, qui prétend nous protéger contre la mondialisation, entend au contraire, de l’aveu même de son président, nous y soumettre dans ce qu’elle a de plus contestable. Demandons-nous, ensuite, comment son argument peut être intelligible pour le citoyen lambda. Il dit qu’il ne veut pas manger du poulet au chlore ? On lui rétorque en substance : il faut en manger quand même car c’est bon pour nos exportations d’Airbus et de vin de Champagne ! On notera, enfin, que les victimes de ces politiques douteuses seront les plus pauvres. Ceux qui en ont les moyens pourront toujours acheter du poulet savoureux mais coûteux, élevé au grain dans nos jolies campagnes ; quant aux autres, ils s’approvisionneront, au supermarché, en volaille moins chère mais au chlore. Non, cent fois « non » à cette Europe-là !

 
Le Bulletin d’André Noël, 23, rue Paul Vaillant-Couturier, 94700 MAISONS-ALFORT

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