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Le Pétrole cher accable nos
marchés mais à qui profite-t-il ? La réponse paraît évidente. C'est un impôt prélevé sur notre consommation
qui alimente les caisses des pays producteurs. Il y a dix ans, ce prélèvement représentait
1 % du PNB européen
soit l'équivalent
du budget de l'Union Européenne.
Au prix moyen du baril de 2007, ce prélèvement était passé à 2 % et, au prix moyen de 2008, si les cours actuels
se maintiennent, a fortiori s'ils augmentent, il représentera 4 %, soit quatre fois le budget
communautaire ou deux années
de croissance normale. On comprend mieux la baisse du moral des troupes !
Mais, in fine, à qui ce prélèvement profitera-t-il vraiment ? Très probablement pas aux
peuples des pays producteurs. Il n'est qu'à voir l'état
présent des économies du Venezuela,
du Nigeria, de l'Irak ou de l'Iran pour s'en convaincre.
Dans un premier temps, cette manne engraisse, non
pas des Etats, mais un quarteron de dictateurs mégalomanes et véreux, une poignée de potentats moyen-orientaux plus ou moins intégristes et quelques
centaines d'oligarques russes corrompus. Dans un deuxième temps, elle pourrait bien causer leur perte, car
l'histoire des matières
premières nous
enseigne qu'elle n'a été le plus souvent qu'une
longue succession d'euthanasie des rentiers. L'or de Crésus ou celui des conquistadors, le café de Sao Paulo ou le
caoutchouc de Manaus, n'ont pas porté
chance très
longtemps aux nomenklaturas qui les exploitaient et encore moins aux ouvriers
qui travaillaient dans les exploitations. C'est bien connu "Il n'est de
richesse que d'hommes" et seuls le travail, l'épargne, l'invention, l'innovation et la prise de
risque produisent des richesses véritables
et durables. On peut donc parier à
coup sûr que les
grands bénéficiaires de la hausse
des prix du pétrole
seront finalement les sociétés évoluées et industrieuses,
seules capables de répondre
au défi qui leur
est posé et de développer les comportements
ainsi que les technologies innovantes susceptibles de le surmonter.
Plus le pétrole sera cher et plus nous nous montrerons économes, entreprenants
et ingénieux, et
plus les rentiers s'enfonceront dans les dépenses somptuaires, les achats d'armes dangereux,
l'oisiveté et la prévarication. Cette échéance sera d'autant plus
rapprochée que nous
éviterons de
reproduire les erreurs commises lors des deux premiers chocs pétroliers de 1973 et
1979.
Première
erreur : faire payer la facture par les entreprises en indexant les salaires et
en bloquant les prix avec, pour conséquence
inéluctable, une
hausse forte et structurelle du chômage
comme de l'inflation. Deuxième
erreur : faire payer la facture par l'Etat en augmentant l'endettement public
c'est-à-dire la
charge des générations futures, dans
l'espoir fallacieux qu'il ne s'agit que d'un mauvais moment à passer. Heureusement,
on peut parier que la concurrence internationale, l'état délabré de nos finances
publiques et la vigilance de la Banque Centrale Européenne, nous interdiront le recours à ces solutions de
facilité. Dès lors, il ne reste plus
que la solution de vérité, économiquement juste mais
politiquement douloureuse : faire payer la note par le citoyen au détriment de ses autres
consommations. Tout au plus, peut-on envisager de compenser en partie la
facture pour les plus démunis
en faisant jouer la solidarité
nationale. Là
aussi, le taux de prélèvement déjà très
élevé limite la marge de manœuvre de nos politiques.
Mais il existe au moins une catégorie
de citoyens que cette situation devrait remplir de joie, ce sont les écologistes. Curieusement
on les entend assez peu. Pourtant, il n'est pas de meilleure solution, plus
respectueuse de nos libertés
individuelles, pour modifier des comportements profondément ancrés
dans nos habitudes, que la hausse des prix de la denrée rare et polluante.
Sauf à préférer les files d'attentes et les méthodes cœrcitives, ce qu'à Dieu ne plaise, la
hausse des prix va leur permettre de voir leurs rêves les plus fous se réaliser. Disparition des 4x4 honnis crabotant sur les
Champs-Elysées,
extinction des vitrines éclairées a giorno, régulation des locaux
surchauffés ou sur
réfrigérés, raréfaction
des week-ends à Pétaouchnock et des
vacances aux Maldives, avec pour conséquence,
le recul de la pollution atmosphérique
et du réchauffement
climatique. Enfin, notre bonheur sera dans le pré !
Gefip
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