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Protection de l'Environnement: Vive le pétrole cher ! Version imprimable Suggérer par mail
Environnement - Protection de l'Environnement
29-07-2008

Le Pétrole cher accable nos marchés mais à qui profite-t-il ? La réponse paraît évidente. C'est un impôt prélevé sur notre consommation qui alimente les caisses des pays producteurs. Il y a dix ans, ce prélèvement représentait 1 % du PNB européen soit l'équivalent du budget de l'Union Européenne. Au prix moyen du baril de 2007, ce prélèvement était passé à 2 % et, au prix moyen de 2008, si les cours actuels se maintiennent, a fortiori s'ils augmentent, il représentera 4 %, soit quatre fois le budget communautaire ou deux années de croissance normale. On comprend mieux la baisse du moral des troupes !

Mais, in fine, à qui ce prélèvement profitera-t-il vraiment ? Très probablement pas aux peuples des pays producteurs. Il n'est qu'à voir l'état présent des économies du Venezuela, du Nigeria, de l'Irak ou de l'Iran pour s'en convain­cre.

Dans un premier temps, cette manne engrais­se, non pas des Etats, mais un quarteron de dictateurs mégalomanes et véreux, une poi­gnée de potentats moyen-orientaux plus ou moins intégristes et quelques centaines d'oli­garques russes corrompus. Dans un deuxième temps, elle pourrait bien causer leur perte, car l'histoire des matières premières nous enseigne qu'elle n'a été le plus souvent qu'une longue succession d'euthana­sie des rentiers. L'or de Crésus ou celui des conquistadors, le café de Sao Paulo ou le caoutchouc de Manaus, n'ont pas porté chance très longtemps aux nomenklaturas qui les exploitaient et encore moins aux ouvriers qui travaillaient dans les exploitations. C'est bien connu "Il n'est de richesse que d'hommes" et seuls le travail, l'épargne, l'inven­tion, l'innovation et la prise de risque produi­sent des richesses véritables et durables. On peut donc parier à coup sûr que les grands bénéficiaires de la hausse des prix du pétrole seront finalement les sociétés évoluées et industrieuses, seules capables de répondre au défi qui leur est posé et de développer les com­portements ainsi que les technologies innovan­tes susceptibles de le surmonter.

Plus le pétrole sera cher et plus nous nous montrerons économes, entreprenants et ingé­nieux, et plus les rentiers s'enfonceront dans les dépenses somptuaires, les achats d'armes dangereux, l'oisiveté et la prévarication. Cette échéance sera d'autant plus rapprochée que nous éviterons de reproduire les erreurs commises lors des deux premiers chocs pétro­liers de 1973 et 1979.

Première erreur : faire payer la facture par les entreprises en indexant les salaires et en blo­quant les prix avec, pour conséquence inéluc­table, une hausse forte et structurelle du chô­mage comme de l'inflation. Deuxième erreur : faire payer la facture par l'Etat en augmentant l'endettement public c'est-à-dire la charge des générations futures, dans l'espoir fallacieux qu'il ne s'agit que d'un mauvais moment à passer. Heureusement, on peut parier que la concur­rence internationale, l'état délabré de nos finances publiques et la vigilance de la Banque Centrale Européenne, nous interdiront le recours à ces solutions de facilité. Dès lors, il ne reste plus que la solution de véri­té, économiquement juste mais politiquement douloureuse : faire payer la note par le citoyen au détriment de ses autres consommations. Tout au plus, peut-on envisager de compenser en partie la facture pour les plus démunis en faisant jouer la solidarité nationale. Là aussi, le taux de prélèvement déjà très élevé limite la marge de manœuvre de nos politiques. Mais il existe au moins une catégorie de citoyens que cette situation devrait remplir de joie, ce sont les écologistes. Curieusement on les entend assez peu. Pourtant, il n'est pas de meilleure solution, plus respectueuse de nos libertés individuelles, pour modifier des com­portements profondément ancrés dans nos habitudes, que la hausse des prix de la denrée rare et polluante.

Sauf à préférer les files d'attentes et les méthodes cœrcitives, ce qu'à Dieu ne plaise, la hausse des prix va leur permettre de voir leurs rêves les plus fous se réaliser. Disparition des 4x4 honnis crabotant sur les Champs-Elysées, extinction des vitrines éclai­rées a giorno, régulation des locaux surchauf­fés ou sur réfrigérés, raréfaction des week-ends à Pétaouchnock et des vacances aux Maldives, avec pour conséquence, le recul de la pollution atmosphérique et du réchauffement climatique. Enfin, notre bonheur sera dans le pré !

Gefip 

 

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