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Selon bon nombre de petits commerçants, la
prolifération des grandes surfaces se fait sans cohérence. Et risque de
mettre leur activité en péril.
Val d'Oise. Lors de la dernière commission départementale des équipements
commerciaux (CDEC), deux nouveaux supermarchés ont été autorisés ainsi
que deux extensions de magasins existants. La situation ne réjouit pas
les artisans, notamment dans l'alimentaire, confrontés à l'une des
densités de surfaces commerciales les plus fortes d'Ile-de-France.
A l’approche de Noël, ils multiplient les quinzaines commerciales (avec des lots) pour attirer la clientèle.
Création de 1 700 m2 à Deuil-la-Barre et de 2 200m2 à Cergy, extension
de 1 400 m2 à Soisy-sous- Montmorency et de 816 m2 à Puiseux-Pontoise :
la CDEC ne chôme pas.Mais en pleine crise, la chambre de métiers ne
voit pas ce développement d’un très bon œil. Lors de la dernière
session, elle a d’ailleurs voté contre la moitié des projets mais,
étant en minorité, tous ont été acceptés.
Les banques et agences immobilières remplacent les commerces de bouche
« L’impact est réel, analyse Olivier
Sallat, secrétaire général de la chambre de métiers. Il suffit de
regarder les centres-villes. Les commerces de bouche sont de plus en
plus remplacés par des commerces morts, les banques ou les agences
immobilières. Cette situation va se dégrader d’autant plus qu’il est
prévu, dans la loi de modernisation de l’économie, que la CDEC ne
jugera que les projets de plus de 1000m2 contre 300m2 aujourd’hui. Elle
ne pourra plus jouer son rôle de régulateur. »
« Il y a trois ans, une enseigne Ed a ouvert à côté de mon commerce,
raconte Jacky Ardennes, président régional de la Confédération générale
de l’alimentation de détail (CGAD) et artisan boucher à Chars. A
priori, la population qui fréquente ce type de magasin n’est pas lamême
que la mienne. Pourtant, depuis la rentrée, une partie de ma clientèle
a migré chez Ed. » Il estime sa perte de chiffre d’affaires à 6 ou 7 %.
« En moyenne, poursuit-il, une douzaine de boucheries sur environ deux
cents ferment chaque année dans le département. Alors si, en plus, on
autorise les grandes surfaces à ouvrir le dimanche, on peut mettre la
clé sous la porte. »
Joël Gallerand, patron de la Fédération des bouchers du Val-d’Oise,
nuance ce propos : « Nous ne savons pas très bien nous vendre, nous
sommes plutôt individualistes etnous avonspeude relais au niveau
politique. Et l’un des plus gros obstacles à notre développement, c’est
le stationnement. Sur Herblay, par exemple, nous perdons 25 % de
clientèle à cause du manque de places de parking. »
Jean-Claude Noyer, maire UMP de Deuil, considère que certains
supermarchés, comme celui qu’il vient d’autoriser en centre-ville, sont
des vecteurs de dynamisme. « D’après une étude de la chambre de
commerce, seuls 15 % des habitants font leurs courses en centre-ville,
souligne-t-il. Le futur Casino va attirer des clients dont bénéficieront
tous les commerces locaux. »
Le Parisien 04-12-2008
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