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Le boom des supermarchés inquiète les artisans Version imprimable Suggérer par mail
Qualité de vie - La vie des commerces
09-12-2008
Selon bon nombre de petits commerçants, la prolifération des grandes surfaces se fait sans cohérence. Et risque de mettre leur activité en péril. 
 
Val d'Oise. Lors de la dernière commission départementale des équipements commerciaux (CDEC), deux nouveaux supermarchés ont été autorisés ainsi que deux extensions de magasins existants. La situation ne réjouit pas les artisans, notamment dans l'alimentaire, confrontés à l'une des densités de surfaces commerciales les plus fortes d'Ile-de-France. 

A l’approche de Noël, ils multiplient les quinzaines commerciales (avec des lots) pour attirer la clientèle.

Création de 1 700 m2 à Deuil-la-Barre et de 2 200m2 à Cergy, extension de 1 400 m2 à Soisy-sous- Montmorency et de 816 m2 à Puiseux-Pontoise : la CDEC ne chôme pas.Mais en pleine crise, la chambre de métiers ne voit pas ce développement d’un très bon œil. Lors de la dernière session, elle a d’ailleurs voté contre la moitié des projets mais, étant en minorité, tous ont été acceptés.

Les banques et agences immobilières remplacent les commerces de bouche

« L’impact est réel, analyse Olivier Sallat, secrétaire général de la chambre de métiers. Il suffit de regarder les centres-villes. Les commerces de bouche sont de plus en plus remplacés par des commerces morts, les banques ou les agences immobilières. Cette situation va se dégrader d’autant plus qu’il est prévu, dans la loi de modernisation de l’économie, que la CDEC ne jugera que les projets de plus de 1000m2 contre 300m2 aujourd’hui. Elle ne pourra plus jouer son rôle de régulateur. »

« Il y a trois ans, une enseigne Ed a ouvert à côté de mon commerce, raconte Jacky Ardennes, président régional de la Confédération générale de l’alimentation de détail (CGAD) et artisan boucher à Chars. A priori, la population qui fréquente ce type de magasin n’est pas lamême que la mienne. Pourtant, depuis la rentrée, une partie de ma clientèle a migré chez Ed. » Il estime sa perte de chiffre d’affaires à 6 ou 7 %. « En moyenne, poursuit-il, une douzaine de boucheries sur environ deux cents ferment chaque année dans le département. Alors si, en plus, on autorise les grandes surfaces à ouvrir le dimanche, on peut mettre la clé sous la porte. »

Joël Gallerand, patron de la Fédération des bouchers du Val-d’Oise, nuance ce propos : « Nous ne savons pas très bien nous vendre, nous sommes plutôt individualistes etnous avonspeude relais au niveau politique. Et l’un des plus gros obstacles à notre développement, c’est le stationnement. Sur Herblay, par exemple, nous perdons 25 % de clientèle à cause du manque de places de parking. »

Jean-Claude Noyer, maire UMP de Deuil, considère que certains supermarchés, comme celui qu’il vient d’autoriser en centre-ville, sont des vecteurs de dynamisme. « D’après une étude de la chambre de commerce, seuls 15 % des habitants font leurs courses en centre-ville, souligne-t-il. Le futur Casino va attirer des clients dont bénéficieront tous les commerces locaux. »

Le Parisien  04-12-2008

 

 
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