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Chaque départ d’un commerçant de qualité est un coup dur pour les
Saintloupiens et un combat pour ceux qui souhaitent, autant que possible, sauvegarder
la diversité commerciale et voir l’arrivée de nouveau commerçants.
Un constat préoccupant en France
La disparition des
petits commerces dits de « proximité », et
notamment les commerces alimentaires, est un phénomène qui touche toutes les
villes françaises. Les magasins de journaux, les boucheries, et les
poissonneries sont les activités les
plus touchées. En revanche les traiteurs asiatiques, les
agences immobilières et les établissements bancaires se développent de manière
exponentielle.
Saint-Leu ne fait pas exception et a vu disparaître le fleuriste Nelly
Fleurs, le teinturier remplacé par la Caisse d’Epargne, une boutique de prêt-à-porter
féminin dans la rue de Paris, un cordonnier avenue de la Gare, une boutique
Vidéo Futur, une boutique d’informatique rue du Gal Leclerc, une grande boutique
de cadeaux, le magasin d’électro-ménager avenue de la Gare,etc….
Les marchés sont également partie prenante de ce commerce de
proximité. Celui de Saint-Leu ne marche pas fort et les commerçants n’ont pas
le moral.
Lorsque la diversité disparaît et laisse place à la mono activité
(agences immobilières, banques, traiteurs asiatiques, etc.), c’est tout un
centre ville qui s’asphyxie, car le commerce c’est la vie.
« Pour prospérer, un pôle alimentaire doit avoir une
certaine densité et offrir de la variété. Dès lors que le mitage commercial
commence à affecter une rue marchande, cette perte de densité se traduit par
une perte d’attractivité » remarque J. Coste, chargée d’étude au Centre Régional d’Observation
du Commerce, de l’Industrie et des Services.
Seuls les commerces réalisant une marge importante (optique,
mode, loisir, etc.) peuvent faire face à la flambée des baux commerciaux
laissant la place à la mono activité, et l’uniformisation de l’offre de
service.
Un retour au commerce de proximité ?
L’apparition des structures de la grande distribution en libre service
dans les années soixante (supermarchés, hypermarchés puis centres commerciaux)
correspondait à un concept de massification de la consommation basée sur la
philosophie du « plaire à tous ».
Le vieillissement de la population, le desserrement des familles
et une nouvelle organisation du travail ont profondément changé les attentes du
consommateurs. Les clients
d’aujourd’hui cherchent la flexibilité de pouvoir faire leurs
courses quand et où ils souhaitent, et une solution personnalisée à leurs
besoins. C’est la philosophie du « plaire à chacun ».
La grande distribution montre des signes d’essoufflement. C’est
bien ce qu’a dit le Directeur d’Auchan Taverny dans une réunion publique sur la
« route d’Auchan ». Pour
avoir une chance de tirer parti du fléchissement de la grande distribution, le
commerce de proximité doit se remettre en question. Les détaillants doivent se
professionnaliser, et surtout s’unir. Pas seulement pour financer des
animations commerciales, mais pour mutualiser leurs efforts en vue d’attirer les clients et de
promouvoir le commerce plaisir par opposition au commerce prix bas.
Le rôle des supérettes
Emblématiques de ce retour à une certaine proximité, les
supérettes sont maintenant deux en centre ville.
Il faut cesser d’opposer
commerce indépendant et grandes enseignes. Les supérettes permettent de
fixer les consommateurs dans leur quartier, les dissuadant de fuir vers un pôle
périphérique. Cet effet permet aux supérettes de jouer un rôle de centralité
pour les autres commerces.
Le côté négatif : elles récupèrent des parts de marché aux
commerces alimentaires qui doivent, pour résister, cultiver leur différence (la
qualité de service, la convivialité, l’originalité de l’offre et de la
présentation) tout en surveillant leurs prix.
Commerce, accessibilité, stationnement
L’adage américain pose la problématique : « No parking,
no business ! ». Sans stationnement, pas de commerce.
Pourtant, Patrick Carles, Consultant au sein du cabinet Sareco
(Ingénierie et conseil en stationnement) se veut optimiste. Il explique que « les
consommateurs acceptent de mieux en mieux l’idée de marcher quelques mètres
pour faire leurs courses». Néanmoins, les commerçants de Saint-Leu ont très
mal vécu la suppression de nombreuses places de stationnement dans l’avenue de
la Gare et indiquent avoir perdu
notablement de la clientèle depuis le réaménagement de cette avenue.
La Commune peut faciliter l’installation des petits commerces si elle
en fait une priorité. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. La circulation et le
stationnement sont des problèmes. Il appartient à la Ville de trouver les
meilleures solutions.
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