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Cadre de vie - L'école
16-01-2009

Le Parisien - 19-01-2009 -  Julien Laurens

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En visite à Londres jeudi, Xavier Darcos a vanté les mérites de l’uniforme des écoliers britanniques, un «facteur d'intégration» à ses yeux. Il ne souhaite pas pour autant imposer le retour de la blouse grise. Il s’agirait plutôt d’un «tee-shirt siglé qui signale l'appartenance à l'établissement», comme c’est déjà le cas dans les DOM-TOM. Et la décision reviendrait aux responsables d’établissement.

Ce « retour à l’uniforme » a suscité de nombreuses réactions parmi les internautes du « Parisien » et d’« Aujourd’hui en France ». Une majorité écrasante se prononce en sa faveur, notamment au nom du principe d’égalité entre les élèves. Voici quelques-uns des commentaires de nos lecteurs.

POUR

1. Au nom de l'égalité et de la laïcité

L’idée enthousiasme Tina : «Je trouve cette idée géniale pour la mixité, l'égalité, et l'amitié. J'ai connu la blouse à l'école primaire puis au lycée, tous les éléves se fréquentaient, on ne voyait pas de différences entre les élèves riches et les pauvres, et la plupart du temps, on ne connaissait pas la situation des parents. L'amitié naissait par affinité et non par classe sociale. Pour la paix dans nos écoles, cela mérite d'essayer.» 

Michel, ancien élève d’un lycée militaire, se souvient que «l’uniforme avait le mérite de gommer les différentes classes sociales et d'économiser les vêtements civils. Nous avions un magasin d'habillement où il était simple d'échanger un pantalon usé ou quoi que ce soit d'autre... » Pragmatique, il relève que « cela permettait aussi de ne pas craindre une déchirure, le stress de la tache d'encre n'existait pas ! » 

Un « principe d’égalité » pour Jean-Pierre. Un avis partagé par Jorge : « Plus de différence, plus de discrimination, plus de riches, plus de pauvres en apparence. » Parent d’élèves, Karine plébiscite cette idée : « Bien sûr, l'uniforme ou la blouse ne vont pas faire disparaître les différences, mais au moins les gommer, les rendre moins criantes, moins "revendicatives", et ça sera déjà énorme. Le principe d'égalité commence peut-être à s'expliquer dès le plus jeune âge, et quoi de plus concret que l'apparence vestimentaire, la même pour tous quand il s'agit de recevoir la connaissance et la culture ? » 

Yves a lui-même porté l’uniforme lorsqu’il préparait le concours d’entrée de l’Ecole supérieure des géomètres à l’ENP d’Armentières, en 1955 : « Blouse blanche, chemise blanche, cravate noire et pour sortir en ville un couvre-chef (casquette ou chapeau) ». « Pas du tout traumatisé », il y est favorable pour « effacer les différences, apprendre à se fondre dans le groupe, se respecter quelle que soit son origine, ne pas étaler au grand jour la marque de ses vêtements, respecter ainsi l'une des valeur de notre devise = égalité ». 

« Enfin vers la voie d'une bonne solution pour résoudre les communautarismes en milieu scolaire ! Tous dans la même tenue et au travail !» lance Arnaud-Luc. « Si cela peut renforcer la laïcité, oui » ajoute JL. «S'y opposer me semble très RINGARD. C'est oublier le principe républicain.Tous égaux devant la LOI», réagit Philippe.

2. Une arme contre la course aux marques
 
Annie
est «tout à fait d’accord, cela évitera le racket et la course aux vêtements de marque ». « Pas de différence de niveau de société et pas de racket », renchérit POGV. Pour les mêmes raisons, Monique est « tout à fait pour ». « Ce serait déjà une forme d'égalité ». Mais à condition que ce ne soit « pas trop onéreux !! » « Cela éviterait cette course aux marques, ces jalousies, ces rackets, ces discriminations, ces moqueries, ajoute Corinne. Cela aurait l'avantage qu'à l'école tous seraient égaux pour étudier, et non pour faire de la représentation. » 

Partisan de l’uniforme dès la maternelle, m.leandri, ancien élève de Sup de Co, dénonce « la surenchère des marques » qui « conduit à une quasi obligation pour les élèves de porter ce qui a été lancé par les industriels appuyés par des équipes de marketing très pointues. Sinon, c’est la marginalisation et l’exclusion du groupe scolaire. La conséquence se retrouve dans la gestion du budget des parents qui doivent payer pour des équipements et vêtements dans la tendance décidée par ces professionnels ».


Gérard a enseigné toute sa carrière dans un lycée militaire. « Mes élèves étaient en uniforme (garçons et filles) et personne ne se plaignait. Outre le gommage de la situation financière des parents, cela évite une course stupide à l'affichage de griffes de la mode. Dans beaucoup de pays, l'uniforme est de rigueur et même en France :je l'ai constaté le mois dernier en Martinique... »

« Pour avoir vécu aux Antilles où tous les enfants scolarisés portent un uniforme, je dois dire que c'est très bien accepté par les enfants, les parents et les professeurs. Cela permet de gommer les différences sociales et les problèmes de rackets dans et devant les établissements scolaires. Mes filles, qui étaient réticentes lorsque nous sommes arrivés aux Antilles, ont très bien accepté cela et sont pour la même chose en métropole » explique Philippe.

Catherine, elle, se prononce pour le retour des blouses, « infiniment moins chères que des uniformes (il en faut au moins deux, hiver, demi-saison et été) , inabordables pour de nombreuses familles à moins de très sérieusement augmenter la prime de rentrée scolaire, sans compter que l'on doit se vêtir quand on n'est pas à l'école !

3 . Le retour du «respect»

Cette idée « devrait être nécessairement accompagnée d'une aide vestimentaire pour les familles les plus démunies. À une époque où le look est roi, l'uniforme scolaire serait une mesure d'égalité sociale évidente et, de plus, structurante pour la jeunesse… A condition de lui enseigner le respect… de l'uniforme », affirme ynugatev

Choquée par les tenues vestimentaires des élèves, Martine est favorable à un retour de l'uniforme. «Autrefois nous étions obligés de mettre une blouse, cela ne nous a pas empêché de travailler et d’être heureux. Actuellement, je vois les jeunes aller au collège, il n’y a plus aucun respect : survêtement avec un côté remonté jusqu’au genou ! »

Même réaction de la part de Paule : « Il faut revenir à plus de sévérité et de règles d'éducation. Oui pour l'uniforme, cela permet de ne plus avoir de tenues incorrectes des filles et des garcons ». Egalement pour « la séparation des garçons et des filles, comme cela ils pourront travailler mieux sans draguer et auront des résultats supérieurs », elle prône également l’interdiction des téléphones portables en classe et celle de fumer dans la cour. Un avis partagé par Jacqueline, qui préconise aussi « des cours d' instruction civique et la morale ! Rien de trop pour faire respecter les adultes aux élèves ».

CONTRE

S'ils sont minoritaires, les opposants à l'idée de Xavier Darcos ne mâchent pas leurs mots : « Il n'a pas d'autre chose à faire pour faire plaisir à la droite pure et dure ?! » déplore Sylvette. «Débile», tranche Marie-Noëlle.

Le retour de l'uniforme scandalise Ghislaine : « Après une loi où on veut séparer les filles des garçons, maintenant c'est l'uniforme !!!! On va reculer jusqu'à quand dans l'éducation ??? Il vaudrait mieux refondre les programmes; que ces enfants sachent lire et écrire (…). Et puis, vous souvenez-vous de ces blouses identiques ? Et bien moi, j'en ai un mauvais souvenir. C'était une sorte de ségrégation. Que trouvera demain M. Darcos pour se faire remarquer ?! »

Un avis partagé par JM : « A quand le retour des châtiments corporels, coups de règle sur les doigts, fouet, ceinturon ???? Est-ce bien là qu'est le fond du problème dans notre éducation ? J'en doute fort ! » Et Laurent, 53 ans : « Et pourquoi pas le bonnet d 'âne, les genoux sur la règle, la fessée déculottée devant toute la classe ? Bref, l'humiliation poussée à son paroxysme... Et toujours autant d'analphabètes. Enfin à quand le retour du service national ? Non, ça je ne veux plus le revivre (...) et jamais pour mes petits enfants ! »

Une « idée saugrenue » pour Thierry : « Il y a vraiment d'autres sujets que celui-ci à traiter. Que l'on s'occupe du fond et de la qualité des enseignements plutôt que de se préoccuper de la tenue des élèves.Que l'on exige un minimum de tenue pour tous ne fait aucun doute, mais de là à créer un uniforme... »

Contre, Romane explique : « Peut-être que l'uniforme met tous les élèves (sur le même plan), donc sans discrimination par rapport aux vêtements, (mais) la différence fait la vie courante.»

Le Parisien

 

 
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