|
«L’ouvrier travaille énormément mais la société chrétienne dans laquelle il vit lui accorde des temps de repos obligatoires : un quart de l’année ! » (Paul DELSALLE, in «La France industrielle aux XVI, XVII et XVIIIèmes siècles; éditions OPHRYS, 1993).
Outre le dimanche, durant lequel on ne travaille pas mais où il faut, en principe, participer au culte (dies dominica = jour du Seigneur), dans la société chrétienne d’avant la Révolution, de nombreuses fêtes religieuses qui ponctuent le calendrier liturgique précité donnent en effet également lieu à un repos obligatoire; si bien qu’en moyenne, toutes provinces et professions confondues, sur une année, un jour sur quatre est réservé au repos. Certains historiens estiment que le nombre de jours entièrement ouvrables (certains ne l’étaient que partiellement) était de l’ordre de 200 sur une année. (cf Philippe CONTAMINE, «La vie quotidienne pendant la guerre de 100 ans»,Hachette, 1982).
D’autres arrivent même à la conclusion que selon les provinces, les
corporations ou les époques, en raison desdites fêtes religieuses,
c’est quasiment la moitié des jours de l’année qui étaient chômés. En
1795, en application de la première loi de séparation des Eglises et de
l’Etat, promulguée par les thermidoriens, le repos dominical a été
remplacé par le décadi (10ème jour de la semaine). Cette loi a ensuite
été rapportée du fait de la signature, en 1801, d’un concordat entre le
Saint Siège et Napoléon 1er. Après une quasi-inexistence du dimanche
chômé pour une grande partie de la population active (cf pt II,B,
infra), ce n’est qu’en 1906, après l’adoption de la loi de séparation
de l’Eglise et de l’Etat de 1905, qu’en France a été instituée au
dimanche l’interruption hebdomadaire légale du travail.
Le droit du travail actuellement en vigueur consacre le principe
d’un jour de repos hebdomadaire obligatoire pour les salariés -
essentiellement pour des raisons de santé/d’équilibre - et commun à
tous - pour des raisons pratiques évidentes - (concrètement, il s’agit,
pour des raisons historiques, du dimanche) sans que cela n’interdise
les activités qui sont, soit indispensables/nécessaires (hôpitaux ;
transports en commun; défense; forces de l’ordre etc...), soit utiles
(commerces de bouche (jusqu’à midi); hôtellerie/restauration; activités
culturelles etc...), soit n’entravent la liberté individuelle (hors
salariat, il est permis de travailler le dimanche).
|