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A un moins d’un mois des régionales, les sondages se succèdent,
enregistrant un écart toujours plus grand entre les listes de gauche et
les listes de droite. En gros, et pour résumer : les premières sont
estimées, sur le plan national, à 45-46 %. Les secondes entre 31 et
34 %. Ces chiffres sont significatifs d'un état d’esprit des
Français que chacun d’entre nous peut facilement constater autour de
lui. Ne serait-ce qu’au bistrot du coin en prenant son café ou chez les
commerçants de son quartier. Toutes les conversations nous indiquent un
rejet massif de l’équipe au pouvoir par des électeurs qui furent
souvent ceux de Nicolas Sarkozy en 2007. Même parfois lors dès le premier
tour.
Nicolas Sarkozy a perdu ses électeurs les plus à
droite. C’est un fait que confirment aujourd’hui les sondages. Aussi
essaie-t-il, avec des signes d’affolement de plus en plus visibles,
d’envoyer quelques signaux en direction de ces électeurs qu’il a
pourtant tout fait pour décourager. Après le ratage du débat sur
l’identité nationale, voilà que Brice Hortefeux, pour effacer la
mauvaise impression laissée par le récent débarquement de 124
clandestins sur les côtes corses, nous annonce une fois de plus qu’il
va durcir les lois sur l’immigration irrégulière. Ce qui évidemment,
c’est le but de la manœuvre, fait pousser de grands cris d’effrois et
de colère à la gauche. Avec l’espoir que par contrecoup ces cris
remobiliseront comme par enchantement les électeurs disparus. Seulement
ces derniers connaissent maintenant la musique. Ils savent qu’elle est
seulement destinée à les conduire aux urnes et que dès le lendemain les
joueurs de pipeau entameront un tout autre air à la gloire de la
diversité et de la discrimination.
Les électeurs de droite ainsi
trompés par Nicolas Sarkozy ne tomberont pas une seconde fois dans le
panneau. Au fait, puisque notre omniprésident – qui l’est d’ailleurs de
moins en moins – a tout fait pour écœurer jusqu’au dégoût son électorat
de droite, pourquoi ne fait-il pas appel aux électeurs de « l’ouverture
à gauche » ? C’est bien ceux-ci qu’il courtisait à travers les
Kouchner, les Bockel, les Fadela Amara, Martin Hirsch et autres
Frédéric Mitterrand. Et Eric Besson qui est un
cas très à part. Que Sarkozy, puisqu’il a perdu sa droite, s’adresse
donc à l’électorat de gauche pour lequel il a tant ouvert son
gouvernement. L’ennui c’est que si les électeurs de droite se sont
enfuis par cette ouverture, les électeurs de gauche, eux, ne semblent
pas pressés d’y entrer. On en est navré pour Sarkozy et sa majorité…
Mais nous ne pouvons vraiment rien pour eux.
JC
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