Organisation: COSTA - Comité Oecuménique de la Sainte
Tnuique d'Argenteuil
COSTA (UNEC) - BP70114 - 95210 Saint Gratien
Aumonier: Abbé Jacquemet (Fsspx)
A la basilique Saint-Denys d’Argenteuil est conservé un textile de laine
ancien, traditionnellement vénéré par l’Eglise comme étant la tunique
portée par le Christ pendant sa passion. Monument historique depuis
1979, elle est présentée dans un autel-reliquaire également classé.
L'origine
La tunique aurait été retrouvée par sainte Hélène au IVe
siècle ap JC, et conservée à Constantinople jusqu’au VIIIe siècle, date
à laquelle l’impératrice Irène l’aurait offerte à Charlemagne en gage
d’allégeance lors de son sacre. En l’an 800, Charlemagne est en effet
sacré empereur d’Occident par le pape Léon III, en échange du
rétablissement de ce dernier sur le trône pontifical.
Il aurait ensuite fait don de la tunique au monastère d’Argenteuil
dont sa fille Théodrade était abbesse, en l’an 800. On sait par les
sources historiques que celle-ci fut effectivement abbesse d’Argenteuil,
mais pas avant 814, année de la mort de Charlemagne.
Au XIIe siècle, c’est en entamant des travaux dans l’église
abbatiale que les moines de Saint Denis arrivés en 1129 à l’abbaye
Notre-Dame d’Argenteuil auraient redécouvert la tunique dans un mur, où
elle aurait été cachée pour être mise à l’abri des pillages normands au
IXe siècle.
Histoire
La première mention authentifiée de la relique par des
traces écrites remonte à 1156, peu après sa redécouverte, dans une bulle
papale signée par Hugues d’Amiens, archevêque de Rouen et légat du pape
rendant sa vénération officielle. Une reconnaissance solennelle a lieu
la même année, en présence de nombreux ecclésiastiques et du roi Louis
VII.
La tunique fut très vénérée et donna lieu à de nombreux pèlerinages,
processions et attestations de miracles, particulièrement aux XVIe et
XVIIe siècles. Elle fit l’objet de la dévotion des rois François Ier,
Henri III, Louis XIII, de Marie de Médicis et Anne d’Autriche, des
cardinaux de Bérulle et Richelieu.
A la Révolution, lorsque le prieuré bénédictin fut fermé, elle fut
d’abord conservée dans l’église paroissiale puis découpée par M. Ozet,
curé de l’époque, et ses différents morceaux enterrés. On les rassembla
par la suite et les pèlerinages et ostensions reprirent, comme en 1894,
1900, 1934 et 1984 (cette dernière attira plusieurs milliers de
pèlerins).
Culte des reliques
La tunique d’Argenteuil est représentative de
l’importance et du développement de la vénération des reliques autour du
culte des saints, qui prend son essor à partir du Moyen Age.
Ce culte remonte aux martyrs des premiers siècles, sur les tombeaux
desquels on venait prier en les honorant comme interlocuteurs
privilégiés entre Dieu et les hommes ; cette vénération s’est très vite
étendue aux objets ayant été en leur possession et à leurs restes (en
latin « reliquiae » ) corporels.
La propagation du culte des reliques est également liée aux
croisades, desquelles les croisés ramenèrent de leur passage en Terre
Sainte de nombreux témoignages matériels, considérés comme authentiques
et faisant très tôt l’objet d’un commerce lucratif . Les croisés
quittant l’Occident et ne pensant pas revenir ont souvent fait don de
leurs biens à l’Eglise. Cette dernière, les voyant revenir, les autorise
à commercialiser ces reliques qui deviennent sources de revenus pour
ces laïcs puis pour les communautés religieuse qui les achètent. Le
culte des reliques avait en effet un impact économique non négligeable,
elles constituaient pour les abbayes ou monastères qui en étaient
détentrices une source de revenus considérable, et c’est pourquoi des
faussaires s’ingénièrent rapidement à fabriquer des copies et des faux.
Les reliques considérées comme les plus précieuses sont
celles attribuées à Jésus lui-même, et notamment les objets liés à sa
passion . Ainsi, la Sainte Chapelle de Paris fut construite par Louis IX
(Saint Louis) pour abriter la relique de la couronne d’épines.
Cela explique la renommée de la tunique d’Argenteuil et de son
pèlerinage, à partir du XVIe siècle, qui a contribué au développement de
la ville.
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