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Une analyse du Bulletin des Amis de l'Information Libre.
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Extraits à lire ci-dessous.
LES
PARLEMENTAIRES DE LA MAJORITE
NE VEULENT PAS SOMBRER
AVEC LUI
..... / .....
Et
mes réformes,
dit Sarkozy, au moins reconnaissez-les ! Parlons-en ! Au mieux, ce
sont des demi-réformes : «
Grand diseux, petits faiseux »...
Prenez le cas du service minimum dans les
transports publics,
qui s’est réduit à améliorer le dispositif d’alerte, mis en
oeuvre sous Raffarin et les jours de grève. Les usagers – on dit
maintenant les clients mais ça ne change rien ! – doivent toujours
se débrouiller comme ils peuvent pour rentrer chez eux. Voyez la
réforme des régimes spéciaux ? A cause des « compensations »
qu’on leur a accordées pour leur faire avaler la pilule, elle est
plus coûteuse pour le contribuable que la situation précédente !
Et le
non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la
retraite?
Bonne
idée ! Mais on vient d’apprendre de la bouche de Jean Arthuis,
président UMP de la commission des Finances du Sénat que : «
Malgré les suppressions de postes, la masse salariale de l’Etat a
augmenté de 800 millions € en 2009. Cette hausse est due à des
concessions salariales et à l’évolution du point d’indice. »
(Le Figaro du 15 juillet). Le but de ce
non-remplacement n’était-il pas essentiellement de diminuer les
dépenses de l’Etat et par-là le déficit budgétaire ? Or, elles
augmentent ! Car, pour faire passer cette réforme, le même Sarkozy
avait promis qu’au moins la moitié des économies réalisées
serait affectée à la revalorisation du traitement des
fonctionnaires. C’est ce qu’il a fait : ce sont « les
concessions salariales » dont parle Arthuis. Il avait aussi
affirmé que les économies engrangées par la réforme des régimes
spéciaux bénéficieraient aux « petites retraites ». Mais, là,
on n’a rien vu venir et pour cause : d’économies, point ; que
des dépenses supplémentaires ! Reste le bouclier fiscal, dont
le principe est justifié mais qui, dans le contexte de la crise,
aggravée des « affaires » politico-financières, ne passe pas
dans l’opinion. Laquelle n’y voit qu’un « cadeau fait aux
riches ». Le malheur est que l’on donne du grain à moudre aux
électeurs et à la gauche, en accréditant une telle opinion. La
presse a rapporté les propos tenus par Eric Woerth, alors trésorier
de l’UMP, à l’Hôtel Bristol, devant les 200 plus gros donateurs
de la campagne de Sarkozy en 2007, le club « Premier Cercle » : «
Nous n’oublierons pas votre générosité et nous vous promettons
en particulier que nous ne reviendrons jamais sur le bouclier fiscal.
»
La
plongée du chef de l’Etat dans cet abîme d’impopularité sans
précédent entraîne des conséquences politiques inquiétantes pour
lui. Les Français ne le croient plus, et il n’a plus
d’autorité sur des troupes de l’UMP qui s’émancipent à un
rythme accéléré de sa tutelle. Deux exemples :
– A
l’initiative du président du groupe, Jean-François Copé, les
députés de la majorité ont rejeté un amendement d’origine
gouvernementale,
négocié directement entre Jean-François Chérèque, patron de la
CFDT, et Nicolas Sarkozy lui-même, sur le « dialogue social » dans
les très petites entreprises, ce qui revenait à introduire
l’emprise syndicale là où elle était encore absente. Aurait-on
seulement imaginé cela il y a encore un an ? Les desiderata
présidentiels étaient des ordres pour les élus de l’UMP !
– La
majorité sénatoriale n’est pas moins frondeuse. Nicolas Sarkozy a
décidé de fusionner les conseils régionaux et généraux, c’est
la réforme territoriale. Or, les deux mesures-phare du projet de loi
de réforme territoriale : le mode d'élection du conseiller
territorial et la répartition des compétences des communes,
départements et régions, ont étérejetées par le Sénat.
Autrement dit, il ne reste plus rien de la grande réforme du chef
de l’Etat et les sénateurs de la majorité ne sont pas prêts
à revenir sur leur vote.
Pourquoi
cette fronde ? Parce que les élus, et principalement les députés,
ne veulent plus lier leur sort électoral à celui du « chef de la
majorité ». Sous le quinquennat, plus encore que sous le septennat,
majorité parlementaire et présidentielle sont étroitement liées
puisque, le cas de démission du président de la République
excepté, les scrutins ont lieu à un peu plus d’un mois
d’intervalle. Si bien qu’un candidat, s’il veut être élu,
doit obtenir l’investiture du président, en l’occurrence du
parti qui l’a conduit à la victoire. Or, les députés de l’UMP
sont de plus en plus sceptiques quant à la possibilité que Sarkozy
l’emporte à nouveau (s’il est en situation d’être candidat
!). Si bien que son pouvoir de rétorsion sur les parlementaires «
indisciplinés » est quasiment nul : être privé de l’investiture
d’un perdant potentiel ne leur fait ni chaud ni froid.
On
va jusqu’à douter qu’il puisse être présent au second tour !
Une « plaisanterie »
circule dans les
rangs des députés de la majorité : « Au
second tour, pour qui devrons-nous voter : pour Martine ou Marine ?
». Il s’agit, on
l’aura compris, de Martine Aubry et de Marine Le Pen. C’est de
moins en moins une « plaisanterie » car l’hypothèse d’un «
2002 à l’envers » est de plus en plus prise au sérieux dans la
classe politique. Perspective que l’Elysée et Matignon s’efforcent
d’exorciser...
PANIQUE
A L’UMP DEVANT L’ASCENSION DE MARINE LE PEN
Pour
sommer les députés socialistes de cesser d’« harceler » Eric
Woerth, François Baroin leur a lancé qu’à persévérer, ils
feraient le « jeu des extrémismes », avant d’ajouter «
le jeu de l’extrême droite ». Il passe ainsi du pluriel au
singulier. De l’extrême gauche, il n’est plus question,
reste « l’extrême droite ». Il est vrai que l’on n’a guère
entendu Besancenot ou la demoiselle qui a succédé à Arlette
Laguiller. En revanche, la verte Eva Joly, ancien magistrat, a fait
entendre vigoureusement sa voix. Elle a été aussi loin que Marine
Le Pen, voire plus : non seulement elle a dénoncé le « système
Sarkozy » comme étant celui de la « corruption » mais
elle a fustigé son ancien collègue, le juge Courroye, comme étant
un « magistrat aux ordres ». Malgré ces propos, on la
laisse de côté pour concentrer la contre-offensive sur « l’extrême
droite ».
Pourquoi
? Parce que Eva Joly, si elle était la candidate des Verts, n’aurait
aucune chance d’être présente au second tour, contrairement à la
vice-présidente du Front national. A tel point que Sarkozy soupçonne
le PS d’attiser la campagne contre Eric Woerth pour favoriser le
Front national, les socialistes pensant que si Marine Le Pen est
présente « en finale », l’élection de leur candidat est assuré,
comme ce fut le cas pour Chirac en 2002, tous les « démocrates »
se liguant contre une aventure « fasciste » !.
L’ascension
de Marine Le Pen dans
l’opinion est bien réelle depuis sa dénonciation publique et
télévisée des moeurs singulières du ministre de la Culture,
Frédéric Mitterrand. Depuis, elle n’a cessé de progresser, non
seulement localement mais aussi nationalement et de façon
spectaculaire. Sa cote
de popularité a bondi de 7 points en
quatre mois seulement et elle en est à 13% dans les intentions de
vote. « Le Point »
lui a consacré sa couverture récemment. Le phénomène attire
l’attention des media étrangers, « Le
New York Times » en
a traité dans une page entière, il y a deux mois.
Elle
reconquiert, certes, les voix populaires perdues au profit de Sarkozy
en 2007 mais elle engrange aussi la sympathie et les suffrages des
électeurs de droite traditionnels de l’UMP. Au point que les
députés de la majorité entendent de plus en plus de réflexions,
chez leurs électeurs, du genre : « Alors,
quand est-ce qu’on fait alliance avec Marine ? » Et
ils ne savent que leur répondre. Car le « cordon sanitaire » –
le lepénisme est-il une maladie ? – mis en place autour du Front
national pour le « diaboliser » se retourne désormais contre la
droite libérale. On disait aux braves électeurs de l’UMP qu’on
ne pouvait rien envisager avec Le Pen parce que celui-ci était «
raciste », si ce n’est « fasciste « et qu’il cultivait de
coupables nostalgies collaborationnistes. Les mêmes électeurs ont
beau jeu de leur faire constater que Marine Le Pen n’a jamais été
condamnée pour racisme ou xénophobie et que, non seulement elle n’a
jamais tenu de douteux propos autour des « détails » de la Seconde
Guerre mondiale mais que, au contraire, elle a pris ses distances
avec eux, allant, parfois, jusqu’à
désapprouver son père ! Il est
difficile de faire de cette jeune femme, née en 1968, un suppôt
déguisé d’Hitler !Mais il y a aussi son programme avec
lequel nous ne sommes pas d’accord, rappellent alors les députés
UMP ! Les électeurs libéraux n’ont pas la mémoire courte. Pour
conquérir l’électorat du FN, Sarkozy a repris des thèmes et
souvent les accents des orateurs du Front national. Ceux qui l’ont
cru en ont été pour leurs frais : l’immigration, légale ou
illégale, s’est aggravée sous son quinquennat. Certains déçus
du sarkozysme vont jusqu’à dire que le programme de Marine
Le
Pen, c’est celui que Sarkozy n’a pas mis en oeuvre. Pourquoi, dès
lors, serait-il mauvais si c’est le Front national qui le défend
en 2012 ? Il l’appliquerait avec d’autant plus d’efficacité
que c’est le sien depuis l’origine !
En
2012, les barrières anti-Le Pen étant ainsi tombées, beaucoup
d’électeurs que Sarkozy a déçus pourraient se tourner vers elle
; de leur nombre et de la situation politique du président-candidat
dépendra qu’elle passe ou non devant lui. L’hypothèse n’a
plus rien de chimérique. D’ailleurs, il n’y a pas qu’au sein
de l’UMP qu’on s’en inquiète Ceux qui pensaient pouvoir
canaliser à leur profit la désaffection à l’égard du président,
comme Villepin et Bayrou, voient leurs espoirs fondre à mesure que
croît l’audience politique et électorale de Marine Le Pen.
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