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Les députés de la majorité ne veulent pas sombrer avec Sarkozy ! Version imprimable Suggérer par mail
Politique - Nouvelles
20-07-2010

Une analyse du Bulletin des Amis de l'Information Libre. 
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Extraits à lire ci-dessous.

LES PARLEMENTAIRES DE LA MAJORITE
NE VEULENT PAS SOMBRER AVEC LUI

 

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Et mes réformes
, dit Sarkozy, au moins reconnaissez-les ! Parlons-en ! Au mieux, ce sont des demi-réformes : « Grand diseux, petits faiseux »... Prenez le cas du service minimum dans les transports publics, qui s’est réduit à améliorer le dispositif d’alerte, mis en oeuvre sous Raffarin et les jours de grève. Les usagers – on dit maintenant les clients mais ça ne change rien ! – doivent toujours se débrouiller comme ils peuvent pour rentrer chez eux. Voyez la réforme des régimes spéciaux ? A cause des « compensations » qu’on leur a accordées pour leur faire avaler la pilule, elle est plus coûteuse pour le contribuable que la situation précédente ! Et le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite?

Bonne idée ! Mais on vient d’apprendre de la bouche de Jean Arthuis, président UMP de la commission des Finances du Sénat que : « Malgré les suppressions de postes, la masse salariale de l’Etat a augmenté de 800 millions € en 2009. Cette hausse est due à des concessions salariales et à l’évolution du point d’indice. » (Le Figaro du 15 juillet). Le but de ce non-remplacement n’était-il pas essentiellement de diminuer les dépenses de l’Etat et par-là le déficit budgétaire ? Or, elles augmentent ! Car, pour faire passer cette réforme, le même Sarkozy avait promis qu’au moins la moitié des économies réalisées serait affectée à la revalorisation du traitement des fonctionnaires. C’est ce qu’il a fait : ce sont « les concessions salariales » dont parle Arthuis. Il avait aussi affirmé que les économies engrangées par la réforme des régimes spéciaux bénéficieraient aux « petites retraites ». Mais, là, on n’a rien vu venir et pour cause : d’économies, point ; que des dépenses supplémentaires ! Reste le bouclier fiscal, dont le principe est justifié mais qui, dans le contexte de la crise, aggravée des « affaires » politico-financières, ne passe pas dans l’opinion. Laquelle n’y voit qu’un « cadeau fait aux riches ». Le malheur est que l’on donne du grain à moudre aux électeurs et à la gauche, en accréditant une telle opinion. La presse a rapporté les propos tenus par Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP, à l’Hôtel Bristol, devant les 200 plus gros donateurs de la campagne de Sarkozy en 2007, le club « Premier Cercle » : « Nous n’oublierons pas votre générosité et nous vous promettons en particulier que nous ne reviendrons jamais sur le bouclier fiscal. »

La plongée du chef de l’Etat dans cet abîme d’impopularité sans précédent entraîne des conséquences politiques inquiétantes pour lui. Les Français ne le croient plus, et il n’a plus d’autorité sur des troupes de l’UMP qui s’émancipent à un rythme accéléré de sa tutelle. Deux exemples :

A l’initiative du président du groupe, Jean-François Copé, les députés de la majorité ont rejeté un amendement d’origine gouvernementale, négocié directement entre Jean-François Chérèque, patron de la CFDT, et Nicolas Sarkozy lui-même, sur le « dialogue social » dans les très petites entreprises, ce qui revenait à introduire l’emprise syndicale là où elle était encore absente. Aurait-on seulement imaginé cela il y a encore un an ? Les desiderata présidentiels étaient des ordres pour les élus de l’UMP !

La majorité sénatoriale n’est pas moins frondeuse. Nicolas Sarkozy a décidé de fusionner les conseils régionaux et généraux, c’est la réforme territoriale. Or, les deux mesures-phare du projet de loi de réforme territoriale : le mode d'élection du conseiller territorial et la répartition des compétences des communes, départements et régions, ont étérejetées par le Sénat. Autrement dit, il ne reste plus rien de la grande réforme du chef de l’Etat et les sénateurs de la majorité ne sont pas prêts à revenir sur leur vote.

Pourquoi cette fronde ? Parce que les élus, et principalement les députés, ne veulent plus lier leur sort électoral à celui du « chef de la majorité ». Sous le quinquennat, plus encore que sous le septennat, majorité parlementaire et présidentielle sont étroitement liées puisque, le cas de démission du président de la République excepté, les scrutins ont lieu à un peu plus d’un mois d’intervalle. Si bien qu’un candidat, s’il veut être élu, doit obtenir l’investiture du président, en l’occurrence du parti qui l’a conduit à la victoire. Or, les députés de l’UMP sont de plus en plus sceptiques quant à la possibilité que Sarkozy l’emporte à nouveau (s’il est en situation d’être candidat !). Si bien que son pouvoir de rétorsion sur les parlementaires « indisciplinés » est quasiment nul : être privé de l’investiture d’un perdant potentiel ne leur fait ni chaud ni froid.

On va jusqu’à douter qu’il puisse être présent au second tour ! Une « plaisanterie » circule dans les rangs des députés de la majorité : « Au second tour, pour qui devrons-nous voter : pour Martine ou Marine ? ». Il s’agit, on l’aura compris, de Martine Aubry et de Marine Le Pen. C’est de moins en moins une « plaisanterie » car l’hypothèse d’un « 2002 à l’envers » est de plus en plus prise au sérieux dans la classe politique. Perspective que l’Elysée et Matignon s’efforcent d’exorciser...


PANIQUE A L’UMP DEVANT L’ASCENSION DE MARINE LE PEN

Pour sommer les députés socialistes de cesser d’« harceler » Eric Woerth, François Baroin leur a lancé qu’à persévérer, ils feraient le « jeu des extrémismes », avant d’ajouter « le jeu de l’extrême droite ». Il passe ainsi du pluriel au singulier. De l’extrême gauche, il n’est plus question, reste « l’extrême droite ». Il est vrai que l’on n’a guère entendu Besancenot ou la demoiselle qui a succédé à Arlette Laguiller. En revanche, la verte Eva Joly, ancien magistrat, a fait entendre vigoureusement sa voix. Elle a été aussi loin que Marine Le Pen, voire plus : non seulement elle a dénoncé le « système Sarkozy » comme étant celui de la « corruption » mais elle a fustigé son ancien collègue, le juge Courroye, comme étant un « magistrat aux ordres ». Malgré ces propos, on la laisse de côté pour concentrer la contre-offensive sur « l’extrême droite ».

Pourquoi ? Parce que Eva Joly, si elle était la candidate des Verts, n’aurait aucune chance d’être présente au second tour, contrairement à la vice-présidente du Front national. A tel point que Sarkozy soupçonne le PS d’attiser la campagne contre Eric Woerth pour favoriser le Front national, les socialistes pensant que si Marine Le Pen est présente « en finale », l’élection de leur candidat est assuré, comme ce fut le cas pour Chirac en 2002, tous les « démocrates » se liguant contre une aventure « fasciste » !.

L’ascension de Marine Le Pen dans l’opinion est bien réelle depuis sa dénonciation publique et télévisée des moeurs singulières du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Depuis, elle n’a cessé de progresser, non seulement localement mais aussi nationalement et de façon spectaculaire. Sa cote de popularité a bondi de 7 points en quatre mois seulement et elle en est à 13% dans les intentions de vote. « Le Point » lui a consacré sa couverture récemment. Le phénomène attire l’attention des media étrangers, « Le New York Times » en a traité dans une page entière, il y a deux mois.

Elle reconquiert, certes, les voix populaires perdues au profit de Sarkozy en 2007 mais elle engrange aussi la sympathie et les suffrages des électeurs de droite traditionnels de l’UMP. Au point que les députés de la majorité entendent de plus en plus de réflexions, chez leurs électeurs, du genre : « Alors, quand est-ce qu’on fait alliance avec Marine ? » Et ils ne savent que leur répondre. Car le « cordon sanitaire » – le lepénisme est-il une maladie ? – mis en place autour du Front national pour le « diaboliser » se retourne désormais contre la droite libérale. On disait aux braves électeurs de l’UMP qu’on ne pouvait rien envisager avec Le Pen parce que celui-ci était « raciste », si ce n’est « fasciste « et qu’il cultivait de coupables nostalgies collaborationnistes. Les mêmes électeurs ont beau jeu de leur faire constater que Marine Le Pen n’a jamais été condamnée pour racisme ou xénophobie et que, non seulement elle n’a jamais tenu de douteux propos autour des « détails » de la Seconde Guerre mondiale mais que, au contraire, elle a pris ses distances avec eux, allant, parfois, jusqu’à désapprouver son père ! Il est difficile de faire de cette jeune femme, née en 1968, un suppôt déguisé d’Hitler !Mais il y a aussi son programme avec lequel nous ne sommes pas d’accord, rappellent alors les députés UMP ! Les électeurs libéraux n’ont pas la mémoire courte. Pour conquérir l’électorat du FN, Sarkozy a repris des thèmes et souvent les accents des orateurs du Front national. Ceux qui l’ont cru en ont été pour leurs frais : l’immigration, légale ou illégale, s’est aggravée sous son quinquennat. Certains déçus du sarkozysme vont jusqu’à dire que le programme de Marine

Le Pen, c’est celui que Sarkozy n’a pas mis en oeuvre. Pourquoi, dès lors, serait-il mauvais si c’est le Front national qui le défend en 2012 ? Il l’appliquerait avec d’autant plus d’efficacité que c’est le sien depuis l’origine !

En 2012, les barrières anti-Le Pen étant ainsi tombées, beaucoup d’électeurs que Sarkozy a déçus pourraient se tourner vers elle ; de leur nombre et de la situation politique du président-candidat dépendra qu’elle passe ou non devant lui. L’hypothèse n’a plus rien de chimérique. D’ailleurs, il n’y a pas qu’au sein de l’UMP qu’on s’en inquiète Ceux qui pensaient pouvoir canaliser à leur profit la désaffection à l’égard du président, comme Villepin et Bayrou, voient leurs espoirs fondre à mesure que croît l’audience politique et électorale de Marine Le Pen.

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