De par le vœu, Louis XIII instaure les processions du
15 août
durant lesquels les sujets doivent prier Dieu et la Vierge pour les
heureux succès du roi. En outre, chaque église du royaume se doit, dans
la mesure où l'église elle-même n'est pas sous le patronage de la
Vierge, de consacrer sa chapelle principale à la Reine des Cieux. Louis
XIII promet enfin d'élever un nouveau
maître-autel dans la
cathédrale Notre-Dame de Paris, ainsi que d'offrir un nouveau groupe sculpté à la cathédrale.
"Dieu qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de
nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre
pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et
de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le
bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d'effets merveilleux
de sa bonté, que d'accidents qui nous pouvaient perdre.
Lorsque
nous sommes entrés au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de
notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la
tranquillité; mais cette main divine soutint avec tant de force la
justice de notre cause, que l'on vit en même temps la naissance et la
fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des
hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non
moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de
notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur
que de justice. La rebellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti
dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il
s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous
ayons relevé ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet
injuste parti en avait ôté les marques.
Quand nous avons
entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à
nos armes, qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le
monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils
avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette
couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs
ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme sa
providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve et sa puissance le
défend.
Prenant la très sainte et
très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous
lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre
couronne et nos sujets
Tant de grâces si évidentes font que
pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui
nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous
désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui
nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous proternant aux pieds
de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la
Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l'accomplissement
des mystères de notre rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu
en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son Fils
rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa Mère élevée jusqu'à lui ; en
la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne,
notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen
celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour
céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures
pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles
qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables et c'est
chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle
le soit de nos actions de grâces.
A ces causes, nous avons
déclaré et déclarons que prenant la très sainte et très glorieuse Vierge
pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons
particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos
sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et
défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses
ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la
douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne
sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.
Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce
sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente
que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de
l'Eglise cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne en
ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix et où nous
serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant
notre couronne et notre sceptre.
Exhortons
pareillement tous les archevêques et évesques de notre royaume et
néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs
églises épiscopales et autres églises de leur diocèse
Nous
admonestons le sieur archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que
tous les ans le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire
commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se
dira en son Eglise cathédrale et qu'après les vêpres du dit jour, il
soit fait une procession en la dite Eglise à laquelle assisteront toutes
les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille
cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus
solennelles; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises
tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et
faubourgs et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de
Paris.
Exhortons pareillement tous les archevêques et évesques
de notre royaume et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même
solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur
diocèse; entendant qu'à la dite cérémonie les Cours de Parlement et
autres compagnies souveraines et les principaux officiers de ville y
soient présents ; et d'autant qu'il y a plusieurs épiscopales qui ne
sont pas dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevesques et
évesques en ce cas de lui dédier la principale chapelle des dites
Eglises pour y être faite la dite cérémonie et d'y élever un autel avec
un ornement convenable à une action si célèbre et d'admonester tous nos
Peuples d'avoir une dévotion particulière a la Vierge, d'implorer en ce
jour sa protection afin que sous une si puissante patronne notre royaume
soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse
largement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si
saintement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés ; car
tel est notre plaisir.
Louis,
par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre