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Menace sur l'enseignement catholique "sous contrat" Version imprimable Suggérer par mail
Cadre de vie - Le collège
20-03-2011
L'enseignement catholique négocie actuellement le montant précis des suppressions de postes avec le gouvernement pour la rentrée prochaine. Ce qui peut surprendre, quand on sait que l'enseignement catholique refuse environ 30 000 à 40 000 élèves chaque année. Avec ces nouvelles suppressions, l'enseignement catholique devra fermer des classes pourtant pleines. Éric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, estime que «la liberté du choix des familles, inscrite dans la Constitution, est remise en cause».

Les établissements catholiques sous contrat totalisent un peu plus de deux millions d'inscrits.Ils devraient encore perdre 1 633 emplois à la rentrée 2011. Les sénateurs ont voté en décembre le transfert de 4 millions d'euros supplémentaires à son profit, soit 250 emplois, dans le cadre du projet de loi de finances. Mais ils ne sont pas entendus par le gouvernement. Ce dernier entendait ne leur «rendre» que 100 emplois. Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, avait justifié le choix du gouvernement, affirmant que les suppressions de postes étaient «équilibrées » entre l'enseignement public et privé. Ce qui signifie que le gouvernement ne respecte pas le libre choix des familles, principe non négociable. Pour Eric de Labarre :

L «Si les réductions d'effectifs se poursuivent dans les trois prochaines années sans mesures structurantes, ça finira mal, il nous faudra fermer 1 000 écoles primaires, 140 collèges et 80 lycées d'ici à 2015. Nous savons que la situation budgétaire est difficile en France, nous acceptons de participer à l'effort mais rendons les choses possibles.»

Il existe une autre solution pour l'école sous-contrat : ouvrir au sein de ses établissements des classes hors-contrat. Nous avions déjà mentionné cette perspective. Les équipes éducatives y gagneront au passage la flexibilité qui leur manque tant aujourd’hui.

 

C "Dans son dernier bulletin, la directrice et cofondatrice de la Fondation pour l’école pose remarquablement le problème à l’occasion des nouvelles menaces qui pèsent sur le privé sous contrat. L’Etat a en effet annoncé qu’il y supprimerait 2 500 emplois d’ici 2013. D’où l’alarme du secrétaire général de l’Enseignement catholique : s’il en est ainsi, il sera contraint de fermer «1 000 écoles, 1 000 collèges et 70 lycées environ». [...] Avec un sens aigu de la politique, Anne Coffinier lui propose sans délai une nouvelle stratégie, loin des replâtrages habituels :

«Deux pistes nous semblent envisageables immédiatement : ouvrir des classes hors contrat au sein des établissements dits sous contrat pour scolariser tous les enfants qui le demandent, et transformer en établissements hors contrat les établissements menacés de fermeture pour assurer la continuité du service aux familles. Les équipes éducatives y gagneront au passage la flexibilité qui leur manque tant aujourd’hui. La Fondation pour l’école se met à la disposition des directeurs et professeurs concernés pour les y aider. Au-delà de cette réponse de court terme, nul doute qu’il faille renégocier le cadre contractuel avec l’Etat en obtenant le chèque éducation, meilleur garant de la liberté de l’éducation, de l’intérêt financier de l’Etat et de la performance de tous, publics comme privés.»

Contre ceux qui accusent le sain et légitime communautarisme – en l’occurrence celui, minoritaire, des écoles indépendantes – d’enfermement politique, de manque d’ouverture et d’esprit missionnaire, voici l’exemple d’une proposition et d’une action orientées intelligemment et charitablement vers le bien commun, en commençant par soi, c’est-à-dire en défendant fermement ses principes et ses intérêts. [...] En cassant la mauvaise dialectique étatique (monopole et hors monopole, service public et service privé…), cela permettrait d’y gagner politiquement en représentativité et donc en capacité opérationnelle pour faire bouger les choses et les lois en mieux, pour les catholiques et tout le monde. En remettant progressivement le principe de suppléance à l’endroit."

 
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