|
La multiplication des plans de
« sauvetage » de la zone euro est en train de précipiter la France dans
la spirale infernale de la dette, en témoigne le nouvel alourdissement
du déficit de l’Etat en mai.
Depuis 2010, notre pays a déjà versé
près de 9 milliards d’euros à la Grèce. Les deux derniers versements à
ce pays, effectués en janvier et en mars 2011, expliquent en large
partie l’augmentation du déficit de l’Etat, porté à 68,4 milliards
d’euros fin mai, soit davantage qu’en 2010, année déjà catastrophique.
Les plans de sauvetage qui se succèdent depuis des mois, à destination
de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne demain, ne servent à
rien. Ils sont sans fin, et ne font qu’aggraver la situation économique
et sociale de ces pays en les plongeant dans la récession, la dette et
le chaos social. Nous avons suffisamment de difficultés en France, de
misère et de chômage, pour exiger que l’argent des Français aille aux
Français, plutôt qu’à des banques et à des créanciers internationaux. Nos enfants et nos petits-enfants n’ont pas à payer ces choix absurdes !
La crise de la zone euro doit être
traitée d’une toute autre façon, juste et efficace : cessons de déverser
pour rien des dizaines de milliards dans un trou sans fond, et prenons
le problème à la racine : l’euro.
Soyons pragmatiques, acceptons la fin de
l’expérience désastreuse de l’euro et rendons-nous à l’évidence : cette
monnaie est vouée à disparaître. Nous ferions mieux d’anticiper cette
disparition, et de préparer dans le bien de tous une transition en
douceur, plutôt que de nous acharner à sauver la monnaie unique et de
creuser nos dettes.
Lire ici l'entretien avec l'économiste Jean-Jacques Rosa
|