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Les décideurs politiques désignent à l'envi le Partenariat Public-Privé
comme la seule formule de financement possible pour le projet
d'envergure d'une ville déjà endettée. Bien Vivre à Saint-Leu rappelle
les principales raisons qui l'amènent à mettre en cause ce modèle de
fonctionnement économique.
Un partenariat public privé, c'est confier
à un opérateur privé la responsabilité globale d'un projet servant la
collectivité (son financement et sa gestion, de la conception à la
maintenance), ceci contre un paiement (‘loyer') étalé sur le nombre
d'années convenu dans le contrat.
Ces contrats sont une atteinte directe à la démocratie dans la mesure où une équipe municipale engage une ville sur une très longue durée, sans permettre des remises en cause par les diverses équipes qui se succèderont aux responsabilités.
Ils sont une atteinte aux droits sociaux si, comme c'est souvent le cas, l'abaissement des coûts se fait par sous-traitance, synonyme de précarité accrue et de conditions de travail défavorables.
Ils sont enfin une véritable aberration financière. D'une part, si les entreprises privées peuvent réduire les prix, c'est aussi grâce à des montages fiscaux parfaitement légaux qui privent les pouvoirs publics de rentrées bien nécessaires. D'autre part, vu les taux d'intérêt pratiqués, les collectivités sont amenées à payer des sommes bien plus importantes que si elles avaient fait appel à un crédit public. Surtout dans une période de crise, les taux d'intérêts sur les emprunts privés sont plus importants que sur les emprunts publics. Pour les grosses infrastructures comme un hôpital ou une école, certains chercheurs ont même démontré que les PPP correspondaient en réalité à une hausse des impôts et taxes pour les contribuables.
Enfin, les limites très strictes à l'endettement et au déficit public sont simplement contournées par l'artifice du PPP. Le PPP, c'est de la dette déguisée !
Une absence de transparence dans les contrats favorise la collusion et profite de manière inacceptable aux grands groupes : Les grandes entreprises du BTP sont favorisées dans les projets d'envergure. De plus, nombre d'enquêtes ont révélé des ententes illégales dans le cadre des PPP, qui revenaient dans la pratique à une privatisation sans mise en concurrence.
Les expériences au Royaume-Uni, au Canada, en Italie et en France ont connu d'importants ratés : surcoûts imprévus, dysfonctionnements importants dans la construction des infrastructures, creusement des déficits publics avec la hausse des taux d'intérêts, accords entre grands groupes qui font monter artificiellement des prix, ... La liste des échecs de ces opérations est interminable.
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