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A quatre mois de la présidentielle, cette trêve des confiseurs est
de courte durée et elle a un goût très spécial pour les hommes et femmes
politiques français. Qui sera à l’Elysée à Noël prochain ? ont-ils
songé en ouvrant leurs paquets sous le sapin. Sempé en ferait un joli
dessin.
Rarement l’issue d’une élection présidentielle (22 avril et 6 mai)
aura été aussi imprévisible. Et c’est bien ça qui est intéressant. Le
directeur du Centre d’études de la vie politique, Pascal Perrineau,
s’inquiète : « le pessimisme et même la démoralisation des Français,
attestés par toutes les enquêtes, accentués par une crise financière et
économique sans précédent, peuvent produire un jeu de massacre ». « Du
type 21 avril 2002 », précise-t-il. Quelqu’un a-t-il entendu parler de
ce jeu vidéo violent interdit au moins de 18 ans qui montre le retour de
la Bête immonde dégommée par les tirs des gentils démocrates ?
Dans la tourmente, les rapports de force ont évolué. Sur le cadavre
encore chaud de Strauss-Kahn, Hollande au lieu de rayonner semble se
consumer comme un photophore de mauvaise qualité. Il est tombé sous les
30 % d’intentions de vote mais il reste en tête. Nicolas Sarkozy, qui va
mettre toute la gomme dans ses vœux du 31 décembre, reflue légèrement à
25 %.
2011 est son annus horribilis. Son échec retentit dans
tellement de domaines, du naufrage de la zone euro, récession, perte du
triple A, hausse du chômage, à l’augmentation continue de l’insécurité
et à l’explosion de l’immigration folle et incontrôlée. Sans oublier
bien sûr ce front afghan qui fonctionne comme un piège pour nos soldats
sur le terrain et dans le débat politique. Pour nos soldats, le piège
est mortel. Pour Sarkozy il ne sera qu’humiliant.
Marine Le Pen caracole toujours en troisième position : près de
20 %. Elle guette la bonne ouverture pour accéder à la finale. C’est la
première fois que le candidat du Front national est aussi haut dans les
sondages en début de campagne. Alors on peut tout dire : qu’elle est
partie trop vite, trop tôt, trop mal, toujours est-il qu’elle est
toujours dans la course. Et loin devant Bayrou et Mélenchon, Eva Joly et
Villepin stagnant dans de basses eaux, de 1 à 5 %.
« Tous les ingrédients d’un vote de colère sont là », s’inquiète François Hollande.
Si Marine Le Pen parvenait au second tour, elle aurait toutes les
forces de gauche et de la majorité unies contre elle. Et la télévision
et les radios en boucle et les acteurs et les maternelles dans la rue.
Elle serait seule à nouveau comme son père en 2002, contre ceux qui
tiennent le système. Mais la situation générale est tellement
exceptionnelle qu’elle peut générer quelque chose de tout aussi
exceptionnel. Près
de la moitié des ouvriers consultés en France déclarent vouloir voter
pour Marine Le Pen en 2012. Sarkozy en avait rallié deux fois moins.
Source: Caroline Parmentier
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