| La cause profonde d'une abstention massive |
| Politique nationale - Politique locale - Elections européennes | |
| 09-06-2009 | |
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Simone Veil, qui fut la première présidente du Parlement européen, annonçant et déplorant l'abstention massive des électeurs, s'en consolait par avance en concluant : « Ce que construit le Parlement, c'est la réalité durable de l'Europe. Elle existera de toute manière : la légitimité d'une instance ne se mesure pas au taux de participation d'un scrutin. » (JDD du 31/5/2009) Mme Veil nous livre-là, avec une fausse naïveté, la clef du désintérêt croissant de nos concitoyens pour l'Europe. Que nous dit-elle en somme ? Que les électeurs peuvent voter ou non, cela ne changera rien,...... l'Europe continuera sa marche en avant « de toute manière » avec ou sans leur participation, sa « réalité durable » n'étant point tributaire des aléas d'un scrutin, de l'intérêt ou de l'indifférence des électeurs. Pourquoi ? Parce que sa « légitimité » est ailleurs. Mais comment une démocrate peut-elle tenir un tel discours ? En France, depuis l'abolition de la monarchie de droit divin, existe-t-il dans notre démocratie une autre « légitimité » que celle du peuple s'exprimant par le suffrage universel ? Aux yeux des eurocrates, la légitimité de la « marche en avant » vers une Europe toujours plus intégrée s'inscrirait dans un « sens de l'Histoire » qui irait vers l'effacement des nations dont le génie singulier doit se fondre dans un magma indistinct et ce, par souci d'efficacité politique et économique. La classe politico-médiatique, s'estimant dépositaire de cette mission historique, se prend pour une élite éclairée s'opposant au populo encore attaché à un patriotisme dépassé. L'électeur n'est donc là que pour ratifier ce qui a déjà été décidé. Si l'on sacrifie encore au rituel référendaire, c'est pour masquer qu'en réalité le citoyen n'a plus le choix. Les électeurs votent « non » à la constitution européenne ? On contournera leur verdict, concoctant un « mini traité » que l'on ne soumettra pas à leur approbation, se contentant du vote de cette « élite » que sont les députés. Ou, alors, on demandera aux Irlandais qui ont dit « non », d'organiser de nouvelles consultations jusqu'à ce que le « oui » s'ensuive. Ainsi, comme dit Simone Veil, « L'Europe existera de toute manière ». Ce sera leur Europe. Et voilà que ces mêmes citoyens, dépossédés de tout pouvoir réel, sont convoqués pour élire leurs représentants au Parlement européen. On les presse, on les exhorte : « Allez voter, le destin de l'Europe est entre vos mains, choisissez vos élus et la politique que vous voulez ! ». Et on les culpabilise : « Vous abstenir ? Vous n'avez pas honte ? Après tout ce que l'Europe a fait pour vous ! » Comment ces citoyens n'auraient-ils pas l'impression qu'on se moque d'eux ? Car, enfin, ils savent que s'ils votent « mal », on s'assiéra sur leur bulletin. Ils restent donc à la maison. Imaginons qu'un jour, las d'être pris pour des gogos, les électeurs se mobilisent massivement et envoient à Strasbourg une écrasante majorité souverainiste, ou se réclamant de la droite nationale, qui déferait, maille après maille, l'Europe telle que les eurocrates nous l'ont tricotée depuis des décennies ? Que se passerait-t-il, à votre avis ? Il y a fort à parier que demain, pas plus qu'hier, on n'en tiendrait compte ; on trouverait une nouvelle astuce juridique, un vice de forme providentiel, pour exiger un nouveau scrutin. Le Bulletin d'André Noël , 23 rue Paul Vaillant-Couturier, 9700 Maisons-Alfort. Tel: 01 49 777 333 E-mail: Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
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