| Le désastre de la messe moderne |
| 26-02-2010 | |
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• Bilan dans La Croix. Non pas de
l’année qui s’achève, mais du désastre catholique, sur quarante ans, de
1965 (fin du Concile) à 2005 (élection de Benoît XVI).
C’est le désastre des « messalisants », c’est-à-dire des catholiques
allant chaque dimanche à la messe. En 1965, ils étaient 27 % de la
population française. Ils ne sont plus que 4,5 % en
2005.
Ce bilan catastrophique se fonde sur une comparaison, aux diverses époques, de sondages d’opinion. Les sondages ne sont pas une science exacte. Mais ils ne peuvent pas inventer une chute de 27 à 4,5. La France est aujourd’hui, selon La Croix (et l’Ifop), « le pays catholique où la pratique dominicale est la plus basse ». • Cette chute verticale de l’assistance à la messe est d’environ 12 % sous le pontificat de Paul VI et 11 % sous celui de Jean-Paul II. Puisqu’il s’agit de la messe, il est inévitable d’observer qu’un tel désastre est contemporain de l’interdiction de la messe traditionnelle par l’obligation d’une messe nouvelle en français. On invoquera d’autres causes au désastre. Mais la messe en français reste la principale cause. Il faut se souvenir des raisons de l’institution d’une messe nouvelle, telles qu’elles ont été énoncées par Paul VI. Il s’agissait de sacrifier le latin et les magnifiques vêtements de la liturgie traditionnelle, dont il ne niait pas l’éclat merveilleux, mais qui étaient selon lui un obstacle à la participation des masses populaires, des journalistes et des hommes d’affaires. La nouvelle messe était donc explicitement imposée pour remplir les églises. Elle les a vidées.
Le cardinal Vingt-Trois « secoué » par un sondage sur la Messe
"tradie" ?
Vendredi 26 février 2010
Les
évêques, c’est le motu proprio du 07.07.07 qui le dit, sont instamment
priés par le Pape
d’exaucer le désir des fidèles qui demandent la messe
traditionnelle : à voir le comportement de la majorité des évêques
français, on ne s’en douterait guère. Nous avons vu pourquoi selon ce même motu proprio Summorum
pontificum, c’est la messe en elle-même, la messe traditionnelle,
qui a droit de cité dans l’Eglise ; et ce droit est hors
d’atteinte, il ne peut nullement être diminué, suspendu ou aboli par
les indignités supposées ou réelles que le cardinal Vingt-Trois
attribue au traditionalistes. Pareillement
s’exprime le cardinal Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation
romaine du
culte divin, dans sa préface au magnifique Missel Vespéral Grégorien
que viennent de publier les Editions Sainte-Madeleine du Barroux. On
lit notamment dans cette préface (c’est moi qui
souligne) :
« La volonté du Pape n’a pas été uniquement de se limiter à répondre aux justes aspirations des fidèles qui se sentent liés, pour diverses raisons, à l’héritage liturgique constitué par le rite romain ; il s’agissait aussi, tout particulièrement, d’ouvrir la richesse liturgique de l’Eglise à tous les fidèles, rendant ainsi possible la découverte des trésors du patrimoine liturgique de l’Eglise à ceux qui les méconnaissaient encore. » Reprenons
dans l’ordre, comme le fait très pertinemment La Lettre de Paix
liturgique
(numéro 217 daté du 15 février), le caractère précis et impératif
des stipulations pratiques du 07.07.07.
L’article 5, en son premier paragraphe, décrète : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande… » Attention : cela ne donne aucun droit au curé de refuser ; ni le droit de s’en remettre à l’évêque. Il doit « accueillir », et accueillir « volontiers » : c’est lui d’abord qui en sera responsable devant Dieu. Le curé
peut rencontrer des difficultés pratiques : par exemple, le manque de
prêtres
disponibles. L’article 7 l’a prévu. Dans ce cas, c’est le groupe de
fidèles qui doit en informer l’évêque. Non point pour obtenir
une autorisation (elle serait superflue) ; mais
pour que l’évêque vienne aider le curé à surmonter les difficultés
pratiques qu’il a rencontrées : « l’évêque est instamment prié
d’exaucer leur désir ». Le cardinal
Vingt-Trois, quand il est reçu en audience par le Pape, peut lui
expliquer avec quelle promptitude il a répondu à son instante prière.
Si l’évêque lui-même, malgré sa bonne volonté, se trouve embarrassé, « il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei » : désormais cette Commission, article 12, « exercera l’autorité du Saint-Siège » pour veiller à « l’observance et à l’application » du motu proprio. Le seul
cas épiscopal envisagé par le motu proprio est celui, article 8, de
« l’évêque qui
souhaite pourvoir » à la demande du « groupe stable de fidèles » et
qui en est empêché : dans ce cas, la Commission pontificale « lui
fournira conseil et
aide ». Les
« empêchements » rencontrés par le curé ou par l’évêque « pour
différentes
raisons » ne sont pas précisés.
Celui du manque de prêtres disponibles n’est pas le principal, il peut être surmonté en faisant appel aux prêtres de la FSP, de l’Institut du Christ-Roi, de l’Institut du Bon Pasteur, ou encore à des Réguliers de divers Ordres religieux antérieurs. Mais il existe aussi l’obstacle des militants anti-papistes, des groupes sectaires et manipulateurs assurés de l’appui massif des télévisions, des publications démocrates-chrétiennes, des intellectuels d’appellation contrôlée, des modernistes et maçonniques clandestins installés in sinu gremioque Ecclesiae, au sein même de l’Eglise, instrumentalisant les fidèles et impressionnant les évêques. Il y a en outre la militance subreptice de La Croix par nuances insinuantes et doutes calculés. Et puis encore la police politique, les pressions financières, le préfet aux aguets, la malveillance judiciaire, les représailles laïcistes, les servitudes du dialogue, les obligations de l’écoute, et cette interminable ouverture à gauche qui est constamment un échec. Là, l’obstacle est réel. Jean Madiran |